C’était la coopérative

Pour les mémoires ouvrières de la Région Poitou-Charentes la commande consistait   dans un premier temps à réaliser des entretiens enregistrés d’une heure (au domicile des ouvriers) le questionnaire étant basé sur les conditions de travail, l’environnement, les relations avec les collègues et la hiérarchie, les techniques…Ces premières rencontres me permettaient de choisir les personnes qui feraient l’objet d’un portrait vidéo par la suite. En général c’est pendant ces entretiens qu’une envie naissait…filmer Arsène sur le chemin qu’il empruntait tous les jours avec de nombreux autres ouvriers ou retrouver le syndicalisme des années 60 avec Robert (voir les articles précédents). Il y a toujours ce qu’on souhaite faire et ce qu’on arrive à faire. J’ai beaucoup tâtonné au départ, notamment sur le fait de laisser ou non ma voix, mes interventions, mes commentaires…je me suis énormément censurée au point de compliquer le montage des images et d’aller vers un découpage qui ne me satisfaisait pas. C’est tout bête mais j’ai passé énormément de temps sur ce point.

Lorsque j’ai réalisé l’entretien sonore de Marc Foucher chez lui, il me parlait de l’ancienne laiterie dans laquelle il travaillait et que j’apercevais par la fenêtre au delà de son jardin et du champ voisin. Je me disais alors que ça serait bien d’y retourner avec lui. Il a accepté mais lors du tournage il ne souhaitait pas entrer à l’intérieur. J’ai donc filmé et questionné Marc Foucher sur son travail pendant plusieurs heures tout autour de la laiterie. A la fin du tournage je lui ai dit  : « vous êtes sûr que vous ne voulez pas entrer, juste jeter un oeil »? Au même moment nous avons rencontré les nouveaux locataires d’une partie des lieux, je n’avais pas éteint ma caméra et ce sont finalement ces 10 dernières minutes que j’ai gardées pour le montage de « C’était la coopérative ». C’est aussi à ce moment-là que j’ai commencé à laisser mes interventions et limiter ainsi les coupes qui ne me plaisaient pas au montage.

Un avis sur “C’était la coopérative

  1. Finalement c’était une chance qu’il ait pu retourné dans son ancienne laiterie, le hasard a bien fait les choses! Revenir dans ces lieux semble l’avoir ému, ce reportage est sincère et authentique, emprunt d’une belle nostalgie de certains métiers oubliés, ou délaissés au profit d’autres. Merci pour ce moment .

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