Blog

La grande montée

Il pleut depuis ce matin. Je ne sais pas pourquoi mais aujourd’hui ça ne me dérange pas. Je me souviens d’une autre journée pluvieuse à Angoulême, une course pas comme les autres, des dessinateurs et cette montée qui n’en finit pas…

 

C’était la coopérative

Pour les mémoires ouvrières de la Région Poitou-Charentes la commande consistait   dans un premier temps à réaliser des entretiens enregistrés d’une heure (au domicile des ouvriers) le questionnaire étant basé sur les conditions de travail, l’environnement, les relations avec les collègues et la hiérarchie, les techniques…Ces premières rencontres me permettaient de choisir les personnes qui feraient l’objet d’un portrait vidéo par la suite. En général c’est pendant ces entretiens qu’une envie naissait…filmer Arsène sur le chemin qu’il empruntait tous les jours avec de nombreux autres ouvriers ou retrouver le syndicalisme des années 60 avec Robert (voir les articles précédents). Il y a toujours ce qu’on souhaite faire et ce qu’on arrive à faire. J’ai beaucoup tâtonné au départ, notamment sur le fait de laisser ou non ma voix, mes interventions, mes commentaires…je me suis énormément censurée au point de compliquer le montage des images et d’aller vers un découpage qui ne me satisfaisait pas. C’est tout bête mais j’ai passé énormément de temps sur ce point.

Lorsque j’ai réalisé l’entretien sonore de Marc Foucher chez lui, il me parlait de l’ancienne laiterie dans laquelle il travaillait et que j’apercevais par la fenêtre au delà de son jardin et du champ voisin. Je me disais alors que ça serait bien d’y retourner avec lui. Il a accepté mais lors du tournage il ne souhaitait pas entrer à l’intérieur. J’ai donc filmé et questionné Marc Foucher sur son travail pendant plusieurs heures tout autour de la laiterie. A la fin du tournage je lui ai dit  : « vous êtes sûr que vous ne voulez pas entrer, juste jeter un oeil »? Au même moment nous avons rencontré les nouveaux locataires d’une partie des lieux, je n’avais pas éteint ma caméra et ce sont finalement ces 10 dernières minutes que j’ai gardées pour le montage de « C’était la coopérative ». C’est aussi à ce moment-là que j’ai commencé à laisser mes interventions et limiter ainsi les coupes qui ne me plaisaient pas au montage.

ANGOULÊME

En 2007, mon beau diplôme de réalisatrice en poche, me voici donc projetée dans une nouvelle vie. Arrivée fin 2005 à Angoulême pour reprendre mes études, je décide d’y rester. Je le décide  parce qu’on peut très bien faire des films en région, parce que Magélis a pour mission de développer et d’aider les activités liées à l’image et parce que les vieilles pierres de la ville me rassurent tandis que le ciel d’ici me fascine. Voilà ce que je me dis il y a dix ans. Aujourd’hui je regarde dans le rétro et je vois bien que le chemin ressemble moins  à une promenade bucolique  qu’à un parcours du combattant.

Pour faire  un film il faut de l’argent et pour obtenir des aides liées au cinéma il faut présenter ses projets à qui de droit. C’est ce que j’ai fait. Trois fois en dix ans. Voilà. On dira simplement que mes projets documentaires n’ont pas retenu l’attention des financeurs. Au bout de trois refus soit on arrête tout, soit on fait autrement, par exemple on fait un film sans argent. Une fois le film terminé, on se demande alors où on va bien pouvoir le diffuser. En ce moment c’est un peu ma question, je me demande comment je vais bien pouvoir diffuser le film que je viens enfin de terminer et que j’ai commencé il y a trois ans sans argent. « Etre ou ne pas être élu? » c’est sans doute la question du moment, moi c’est le titre de mon film tourné pendant la dernière campagne municipale à Angoulême…mais ça on en reparlera dans un prochain article.

L’avantage de devoir payer son loyer et de ne pas être aidé pour un film, c’est que cela oblige à aller vers des projets et des commandes qu’on aurait à peine regardés dans d’autres circonstances. En 2010 je réponds à un appel d’offre concernant les Mémoires Ouvrières de la Région Poitou-Charentes (Région ALPC). Outre le travail d’entretiens sonores qui m’intéresse, je m’interroge alors sur la façon de faire un portrait vidéo qui se rapproche du documentaire. Comment faire court et sensible à la fois? Ce travail passionnant va durer trois ans et m’ouvrir d’autres perspectives sur le documentaire et la mémoire. Ainsi depuis l’année dernière je réalise aussi pour la  Mairie d’Angoulême des portraits vidéo d’anciens poudriers.

Mais commençons par le commencement…dans les jours qui viennent vous rencontrerez d’abord d’anciens papetiers puis d’anciens laitiers.

 

 

 

Ceci n’est pas un site

Ne soyez pas surpris des modifications qui risquent d’apparaître encore et encore. Je me suis décidée cette semaine…décidée à quoi? Je ne sais pas très bien. Pas pour un site en tous cas, encore moins pour une vitrine. Pas envie de mettre des mots définitifs sur une envie peu définie. Un peu comme pour un film je cherche la forme que cela va prendre et c’est le temps qui  le dira. La technique est une contrainte que j’essaie de maîtriser jour après jour, j’aurais pu choisir d’être sûre avant de me lancer, je préfère avancer avec vous. Comment mettre en ligne et sous quelle forme apparaîtront les vidéos et les documents sonores? Voici mon nouveau casse-tête. Une fois résolu vous pourrez voir « Un film de famille ». C’est le film que j’ai réalisé pendant mes études au Créadoc en 2007. Autre casse-tête, retrouver le film.

CEQUINOUSLIE

Bientôt vous pourrez voir et entendre ce qui nous lie. Peut-être rien, peut-être tout. C’est vous qui le découvrirez.
Des documents vidéos et sonores, des portraits, des rencontres, des souvenirs, des jeunes et des moins jeunes, des mémoires, des espoirs, des moments partagés, des questions, des émotions, des fêtes, des métiers, des quartiers, des voyageurs, des enfants, des dessinateurs, des papetiers et des laitiers, des politiciens et des lycéens, des hommes et des femmes, des vies…Tout commence par Un film de famille, la première fois que j’ai filmé, c’était il y a dix ans.